Ressource réservée aux inscrits · Mise à jour : juillet 2026

Héritage : combien tes proches paieront vraiment, et comment alléger la facture

"Il a fait un testament. Elle a quand même presque tout perdu."

Un testament organise qui reçoit quoi. Il ne dit rien de ce que l'État prélèvera au passage, ni de la protection réelle du conjoint. Deux angles morts qui coûtent parfois plus cher que tout le reste, et qui se règlent avant, jamais après.

Les 6 points qui décident du montant final, avec le simulateur pour chiffrer ta situation. Sans jargon, avec les sources officielles.

⚡ Accès direct : chiffre les droits de tes héritiers en 30 secondes
Thomas Poinsard · CGP indépendant à Lyon · ORIAS #24001667 · Lecture : 9 minutes
Point 01

Qui hérite, et dans quel ordre

Sans disposition particulière, la loi décide à ta place. Tes enfants sont héritiers réservataires : une part du patrimoine, la réserve héréditaire, leur revient obligatoirement. Le reste, la quotité disponible, est la seule part dont tu peux disposer librement, par testament ou donation.

Avec un enfant, la réserve est de la moitié. Avec deux enfants, deux tiers. Avec trois enfants ou plus, trois quarts. Tu ne peux donc jamais déshériter complètement un enfant, et tu ne peux pas non plus tout laisser à ton conjoint sans organisation.

À retenir Le testament joue sur la quotité disponible, pas sur la réserve. C'est pour ça qu'un testament seul, mal calibré, laisse souvent le conjoint fragilisé. On y revient au point 03.
Point 02

Combien l'État prend, selon le lien de parenté

Chaque héritier profite d'un abattement, puis paie des droits sur ce qui dépasse. Le lien de parenté change tout. Voici ce que représente une transmission de 250 000 euros à un seul héritier, selon qui il est :

Lien de parentéDroits à payer
Conjoint marié0 €
Partenaire de PACS0 €
Enfant ou parent (ligne directe)28 194 €
Petit-enfant47 876 €
Frère ou soeur102 888 €
Concubin (ni marié ni PACS)149 044 €

Le même montant transmis, et pourtant : un concubin paie 149 044 euros là où un conjoint marié paie zéro. Ce n'est pas de la fatalité, c'est le résultat de choix qui se font avant.

Le calcul, sur un cas réel

Un parent transmet 250 000 euros à son enfant (ligne directe).

Patrimoine transmis 250 000 €
Abattement ligne directe (art. 779 CGI) - 100 000 €
Base taxable 150 000 €
Droits dus après barème progressif (art. 777 CGI) 28 194 €
Ton action, maintenant L'exemple ci-dessus, c'est une transmission simple. Toi, tu fais le calcul avec tes chiffres, juste en dessous : ton patrimoine, ton nombre d'enfants, et surtout ce que l'anticipation change. 30 secondes, résultat immédiat.

Combien tes héritiers paieraient ?

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enfant(s)
Sans rien préparer, tes héritiers paieraient
de droits de succession, au total
Sans anticipationSuccession classique, abattement légal seul
Avec une assurance-vie152 500 euros par enfant hors succession
Avec une stratégie construite dans le tempsAssurance-vie + donation anticipée + démembrement
C'est l'écart entre ne rien préparer et anticiper. Il ne se joue pas le jour du décès.
Le bon réflexe : anticiper tôt. L'abattement de 100 000 euros par enfant se reconstitue tous les 15 ans, l'assurance-vie transmet hors succession, le démembrement réduit la base taxable. Combinés, ces leviers font baisser la facture, parfois jusqu'à zéro. Encore faut-il les activer à temps.
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Estimation indicative et non contractuelle, calculée pour une transmission en ligne directe (aux enfants), selon le barème et les abattements en vigueur au 1er juillet 2026. Le troisième scénario est une illustration : le résultat réel dépend de ton horizon, de la composition de ton patrimoine et de ta situation familiale. Seule une étude personnalisée établit un montant fiable. Sources en bas de page.
Point 03

Le conjoint n'est pas protégé par défaut

Marié sans disposition, ton conjoint n'hérite pas de tout. En présence d'enfants, il reçoit selon son choix un quart en pleine propriété, ou l'usufruit de l'ensemble. Souvent insuffisant pour lui garantir le logement et des revenus.

Le conjoint protégé

Donation entre époux en place, clauses adaptées, régime matrimonial audité.

Il reste chez lui, avec des revenus, sans dépendre des autres héritiers.

Le conjoint "juste présent"

Un testament générique, aucune anticipation, une famille recomposée.

Les enfants d'une autre union peuvent demander la conversion de l'usufruit.

La famille recomposée est le cas le plus piégeux. L'enfant d'une première union est réservataire : il peut demander la conversion de l'usufruit du conjoint en capital, ou s'opposer à certaines dispositions. Un conjoint que l'on croyait protégé se retrouve à devoir composer avec les enfants de l'autre.

Les leviers La donation entre époux, dite au dernier vivant, élargit les options du survivant. Le changement de régime matrimonial, l'aménagement de clauses, ou le legs de la possibilité d'opter pour l'usufruit, se décident au cas par cas. C'est le point où une erreur coûte le plus cher, humainement autant que fiscalement.
Point 04

L'assurance-vie, l'arme hors succession

Les capitaux d'une assurance-vie ne font pas partie de la succession. Ils vont directement au bénéficiaire désigné, avec leur propre fiscalité, souvent bien plus douce que le barème classique.

Avant 70 ans : l'enveloppe la plus puissante

Pour les versements faits avant tes 70 ans, chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 euros (art. 990 I CGI), puis d'un prélèvement de 20 pour cent, et de 31,25 pour cent au-delà de 700 000 euros.

Après 70 ans : moins connu, pas inutile

Un abattement global de 30 500 euros s'applique sur les primes (art. 757 B CGI). Point souvent ignoré : les gains générés, eux, restent totalement exonérés, quel que soit leur montant.

Le piège de la clause bénéficiaire oubliée. Une clause écrite il y a quinze ans peut désigner un ex-conjoint, ignorer un enfant né depuis, ou envoyer les capitaux au mauvais endroit au pire moment fiscal. Elle se relit à chaque événement de vie : mariage, naissance, divorce, achat immobilier.

Ta situation vaut mieux qu'un tableau

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Thomas Poinsard · CGP indépendant à Lyon · ORIAS #24001667
Point 05

La donation : l'abattement qui se recharge

Tu peux donner de ton vivant. Chaque parent transmet 100 000 euros par enfant en franchise de droits (art. 784 CGI), et cet abattement se reconstitue intégralement tous les 15 ans. C'est le levier le plus sous-utilisé, parce qu'il demande une seule chose que personne n'aime affronter : commencer tôt.

À cela s'ajoute le don familial de sommes d'argent : 31 865 euros supplémentaires par enfant, si le donateur a moins de 80 ans et le bénéficiaire plus de 18 ans (art. 790 G CGI).

La mécanique du temps Anticiper de 15 ans, c'est doubler l'abattement disponible sur la durée. Le patrimoine transmis ne change pas. Ce qui change, c'est le moment où tu décides. Attendre coûte, et l'addition se paie après ta mort, par tes proches.
Point 06

Démembrement et pièges à éviter

Donner la nue-propriété d'un bien tout en gardant l'usufruit permet de transmettre à coût fiscal réduit : la valeur taxable de la nue-propriété dépend de ton âge (art. 669 CGI), et au décès, tes proches récupèrent la pleine propriété sans droits supplémentaires.

Les trois pièges les plus fréquents que je vois en rendez-vous :

Une clause bénéficiaire jamais relue qui envoie les capitaux à la mauvaise personne.

L'indivision subie : plusieurs héritiers propriétaires d'un même bien, bloqués à la moindre décision.

La famille recomposée non anticipée : le conjoint et les enfants d'une autre union liés par une succession que personne n'a organisée.

Auto-diagnostic : où en es-tu ?

  • Je connais la part qui revient obligatoirement à mes enfants (la réserve)
  • Je sais ce que mon conjoint recevrait réellement demain, et si c'est suffisant
  • Mes clauses bénéficiaires d'assurance-vie ont été relues depuis mon dernier événement de vie
  • J'ai chiffré les droits que mes héritiers auraient à payer aujourd'hui
  • Une stratégie de donation est en place ou à l'étude
  • En cas de famille recomposée, la protection du conjoint est verrouillée
3 cases ou moins : tu viens d'identifier tes angles morts. C'est exactement le point de départ d'une stratégie.

Mets un chiffre, puis un plan

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Sources officielles : Code général des impôts, art. 777 (barème des droits), art. 779 (abattement 100 000 euros ligne directe), art. 784 (rappel et renouvellement 15 ans), art. 790 G (don familial de sommes d'argent), art. 796-0 bis (exonération conjoint et PACS), art. 990 I et 757 B (assurance-vie), art. 669 (barème de l'usufruit), via legifrance.gouv.fr et impots.gouv.fr. Réserve héréditaire et droits du conjoint survivant : Code civil, via service-public.fr. Règles et montants vérifiés à la date de mise à jour indiquée en tête de page. Les exemples chiffrés et le simulateur sont des illustrations : le montant réel dépend de ta situation et de l'acte notarié.
Document à vocation pédagogique édité par Ma Stratégie Patrimoniale. Ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une consultation juridique ou fiscale, ni une incitation à souscrire un produit. Les montants issus du simulateur sont des estimations indicatives et non contractuelles, calculées en ligne directe. Les dispositifs cités sont soumis à conditions et susceptibles d'évolutions législatives. Toute stratégie doit être précédée d'une étude adaptée à votre situation, formalisée dans le cadre réglementaire applicable (DDA, MIF2), en coordination avec votre notaire pour les actes relevant de sa compétence. En France · Thomas Poinsard · CGP indépendant à Lyon · ORIAS #24001667 · CNCEF agréé AMF · @mastrategiepatrimoniale