Ce qui se passe vraiment si vous disparaissez demain : comptes, pouvoirs, parts, fiscalité, trésorerie familiale. La check-list pour verrouiller chaque point, dans l'ordre.
Vous avez passé des années à construire votre entreprise. Combien d'heures avez-vous passées à organiser ce qui se passerait sans vous ? Pour la plupart des dirigeants que je rencontre, la réponse est : zéro. Ce n'est pas de la négligence. C'est un angle mort, le cerveau évite spontanément le sujet.
Le problème : au décès d'un dirigeant non préparé, tout se fige au pire moment. Comptes, décisions, salaires, fiscalité. Cette check-list passe les 7 verrous en revue. Pour chacun : le risque réel, la question à vous poser, et le levier qui existe. Aucun ne demande plus de quelques semaines à mettre en place. Tous demandent d'être décidés avant.
Si vous êtes le seul signataire, le décès gèle la capacité de paiement de l'entreprise le temps que la situation juridique se clarifie. Salaires, fournisseurs, URSSAF : les échéances, elles, ne s'arrêtent pas.
La question à vous poserDemain matin sans moi, qui paie les salaires du mois ?
Le levierUne délégation de pouvoir bancaire ou un second mandataire social avec pouvoir de signature. Une décision d'assemblée et un passage en banque. C'est le verrou le plus rapide de toute la liste.
Entre le décès et le règlement de la succession, il peut s'écouler des mois. Sans désignation, ce sont les héritiers, parfois mineurs, parfois en désaccord, parfois étrangers au métier, qui se retrouvent aux commandes de fait.
La question à vous poserQui a la légitimité ET la compétence pour tenir la barre 6 mois ?
Le levierLe mandat à effet posthume (article 812 du Code civil) : vous désignez de votre vivant la personne qui administrera tout ou partie de votre patrimoine professionnel pour le compte des héritiers. Acte notarié, justifié par l'intérêt sérieux et légitime de l'entreprise.
Transmise sans préparation, une entreprise est taxée comme n'importe quel actif. Les héritiers peuvent être contraints de vendre, parfois l'entreprise elle-même, pour payer les droits.
La question à vous poserMes héritiers auraient-ils les liquidités pour payer les droits sans rien vendre ?
Le levierLe pacte Dutreil (article 787 B du CGI) : sous conditions d'engagements de conservation des titres et de poursuite de l'activité, la transmission bénéficie d'une exonération de 75% de la valeur des titres pour le calcul des droits. C'est le dispositif le plus puissant du droit français pour la transmission d'entreprise, et il ne fonctionne que s'il est signé avant. Il se combine avec la donation-partage et le démembrement pour les stratégies les plus abouties.
Assurance-vie, prévoyance, contrats retraite : les capitaux vont aux personnes désignées dans la clause bénéficiaire, telle qu'elle est rédigée. Une clause écrite il y a 15 ans peut désigner un ex-conjoint, ignorer un enfant, ou envoyer les capitaux au mauvais endroit au pire moment fiscal.
La question à vous poserQuand ai-je relu mes clauses bénéficiaires pour la dernière fois ?
Le levierUne relecture de chaque clause à chaque événement de vie (mariage, naissance, divorce, création de société). La rédaction sur mesure, avec démembrement de clause si pertinent, transforme un simple contrat en outil de transmission.
Sans clause adaptée, vos héritiers deviennent associés de vos associés. Personne ne l'a choisi : ni eux, ni vos associés. Blocages d'assemblée, mésentente, rachat au rabais ou contentieux.
La question à vous poserMes statuts et mon pacte d'associés prévoient-ils le décès de chacun de nous, et à quel prix de rachat ?
Le levierClause d'agrément et clause de préemption dans les statuts, pacte d'associés avec méthode de valorisation définie à froid, et souvent une assurance croisée entre associés qui finance le rachat des parts. Les trois se pensent ensemble.
Le régime matrimonial décide de ce qui appartient à qui avant même que la succession commence. Un conjoint qui travaille dans l'entreprise sans statut cumule les fragilités : pas de rémunération propre, pas de droits retraite, pas de protection en cas de décès du dirigeant.
La question à vous poserSi je disparais, mon conjoint dispose-t-il d'un toit, de revenus et de droits, sans dépendre de la bonne volonté des autres héritiers ?
Le levierL'audit du régime matrimonial (un changement est possible en cours d'union), la donation entre époux qui élargit les options du conjoint survivant, et un statut formalisé si le conjoint travaille dans l'entreprise. Trois chantiers distincts, un seul objectif.
Le patrimoine d'un dirigeant est souvent concentré dans l'entreprise, donc illiquide. Entre le décès et le règlement, les comptes personnels peuvent être bloqués et les revenus du foyer s'arrêter net, alors que les charges continuent.
La question à vous poserMa famille peut-elle tenir 12 mois sans toucher au patrimoine professionnel ?
Le levierLa prévoyance décès du dirigeant, dimensionnée sur les charges réelles du foyer, et l'assurance-vie, dont les capitaux sont versés au bénéficiaire hors succession, donc rapidement et sans gel. C'est le verrou qui achète du temps pour tous les autres.
Un dirigeant du BTP, deux associés, aucun pacte. Au décès du troisième associé quelques années plus tôt, ils avaient vécu 18 mois de blocage avec les héritiers. C'est ce souvenir, pas mes arguments, qui a déclenché la mise en place des verrous 01, 05 et 07 en moins de deux mois.
5 cases ou moins : vous avez identifié vos angles morts. C'est exactement le point de départ d'une stratégie.
Chaque situation a son verrou prioritaire : associés, famille recomposée, conjoint dans l'entreprise. Le premier échange de 15 minutes est offert et sert à identifier votre verrou n°1 et les interlocuteurs à mobiliser, notaire compris.
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Document à vocation pédagogique édité par Ma Stratégie Patrimoniale. Ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une consultation juridique ou fiscale, ni une incitation à souscrire un produit. Les dispositifs cités sont soumis à conditions et susceptibles d'évolutions législatives. Toute stratégie doit être précédée d'une étude adaptée à votre situation, formalisée dans le cadre réglementaire applicable (DDA, MIF2), en coordination avec votre notaire pour les actes relevant de sa compétence. Thomas Poinsard · CGP indépendant à Lyon · ORIAS #24001667 · CNCEF agréé AMF · @mastrategiepatrimoniale
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