Apport-cession 150-0 B ter :
la mécanique pour replacer le fruit de la cession sans payer la plus-value en 2026
La majorité des dirigeants qui vendent leur entreprise découvrent trop tard que sans préparation, l'État leur prend 31,4% du fruit de la cession via la flat tax. L'apport-cession via une holding (article 150-0 B ter du CGI) permet de reporter cette imposition à condition de respecter une mécanique précise et un calendrier strict. Et depuis le 21 février 2026, les règles ont changé.
Je suis Thomas Poinsard, CGP indépendant à Lyon. J'accompagne des dirigeants en préparation de cession sur la structuration de la holding, le replacement du produit de cession, et la coordination avec leur expert-comptable et leur avocat fiscaliste. Cet article fait le point complet sur la mécanique 2026 du dispositif, les pièges du remploi durci par la loi de finances 2026, et un simulateur adaptatif qui calcule selon la date de cession.
- Le coût réel d'une cession sans préparation
- La mécanique du 150-0 B ter : ce que dit vraiment le CGI
- Le piège du remploi : ce qui a changé le 21 février 2026
- Les 3 typologies de replacement éligibles
- Simulateur Apport-cession 150-0 B ter 2026
- Le calendrier critique : les 3 dates qui font ou défont l'opération
- Questions fréquentes
Le coût réel d'une cession sans préparation : pourquoi 31,4% du fruit s'évapore avant même que tu touches le chèque
Quand un dirigeant vend les titres de sa société en nom propre, la plus-value de cession est imposée immédiatement au prélèvement forfaitaire unique. La PFU, ou flat tax, applique un taux global de 31,4% : 12,8% au titre de l'impôt sur le revenu, 17,2% au titre des prélèvements sociaux. Source : article 200 A du CGI.
Pour un dirigeant à hauts revenus, la facture peut grimper. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR) ajoute jusqu'à 4 points supplémentaires lorsque le revenu fiscal de référence dépasse certains seuils. Source : article 223 sexies du CGI. L'addition globale peut alors atteindre 35,4% sur la plus-value.
Le cas chiffré qui parle aux dirigeants
Imagine un dirigeant qui cède sa société pour 1,5 million d'euros, avec un prix de revient des titres de 300 000 euros. Sa plus-value est donc de 1,2 million d'euros. La fiscalité immédiate :
- Plus-value imposable : 1 200 000 euros
- Flat tax 31,4% : 376 800 euros
- Capital net après impôt : 1 123 200 euros
Avec un apport-cession bien structuré, l'imposition immédiate est de zéro euro. La totalité du capital reste mobilisable dans la holding pour être replacée. La différence en valeur absolue : 376 800 euros récupérés et capitalisés au lieu d'être versés au Trésor public en année N.
Pourquoi ces 376 800 euros sont structurants pour ta retraite. Mobiliser dès aujourd'hui un capital supplémentaire de 376 800 euros pendant 20 ans dans une holding bien structurée modifie l'équation de ton revenu de remplacement post-cession. La capitalisation joue dans la durée. C'est exactement ce que la finance comportementale appelle "le coût d'opportunité de l'inaction fiscale" : ne pas préparer ta cession ne coûte pas seulement 376 800 euros immédiats, mais également tous les revenus que ce capital aurait pu générer.
Source : article 200 A du CGI / article 223 sexies du CGI / impots.gouv.fr.
La mécanique du 150-0 B ter : ce que dit vraiment le CGI
Le mécanisme repose sur une séquence en deux temps. Avant la cession au repreneur, le dirigeant apporte les titres de sa société d'exploitation à une holding qu'il contrôle. La holding est ensuite celle qui cède les titres au repreneur. La plus-value est constatée au moment de l'apport, mais son imposition est mise en report tant que les conditions sont respectées.
Pour résumer : la plus-value n'est pas effacée. Elle est gelée, et son imposition est différée jusqu'à un événement qui déclenche la fin du report (cession des titres de la holding par le dirigeant, dissolution de la holding, transfert de domicile fiscal hors de France). Source : article 150-0 B ter du CGI / BOFIP-RPPM-PVBMI-30-10-60-10.
Les 4 conditions cumulatives à valider avant la cession
SAS, SARL ou SA à l'impôt sur les sociétés. Une holding à l'impôt sur le revenu (rare en pratique) ne permet pas l'application du dispositif. Source : article 150-0 B ter, II du CGI.
Le cédant doit contrôler la holding bénéficiaire de l'apport. Le contrôle peut être de droit (majorité des droits de vote) ou de fait (capacité à imposer ses décisions). La référence est l'article L.233-3 du Code de commerce, par renvoi du II de l'article 150-0 B ter. En pratique, détenir plus de 50% des droits de vote sécurise la situation. Source : article 150-0 B ter, II du CGI.
La qualification de la holding compte aussi : une holding animatrice au sens fiscal ouvre des leviers supplémentaires (Dutreil, IFI, abattement dirigeant retraite) qu'une holding passive ne permet pas. Cette distinction est déterminante pour la suite du montage.
L'apporteur doit déclarer la plus-value en report sur le formulaire 2074-I joint à la déclaration de revenus de l'année de l'apport. Cette déclaration acte officiellement la mise en report. Sans elle, le report peut être contesté par l'administration fiscale. Source : impots.gouv.fr / formulaire 2074-I.
Les titres de la holding reçus en contrepartie de l'apport doivent être effectivement inscrits en compte au nom du cédant. Cette formalité semble évidente mais elle est régulièrement oubliée lorsque les statuts ne sont pas tenus à jour. Source : article 150-0 B ter du CGI.
L'erreur classique sur le contrôle
Beaucoup de dirigeants pensent que détenir 33% du capital suffit. Faux pour le 150-0 B ter. Le seuil de référence pour le dispositif est le contrôle au sens de L.233-3 du Code de commerce, soit en pratique plus de 50% des droits de vote. À l'apport, le cédant doit donc viser une détention majoritaire dans la holding, sans quoi le report ne s'applique pas.
Le piège du remploi : ce qui a changé le 21 février 2026
C'est la zone la plus sensible du dispositif et celle qui a été le plus profondément durcie en 2026. Le principe est simple : si la holding cède les titres apportés moins de trois ans après l'apport, le report d'imposition n'est maintenu que si la holding réinvestit une fraction du produit de cession dans une activité économique éligible.
La loi de finances pour 2026, publiée le 20 février 2026, a modifié les paramètres de cette obligation pour toutes les cessions réalisées à compter du 21 février 2026. Il existe désormais deux régimes selon la date de cession des titres apportés. Source : article 11 de la loi de finances pour 2026 / BOFIP-RPPM-PVBMI-30-10-60-20.
Régime applicable avant le 21 février 2026
- Quota de remploi : 60% du produit de cession
- Délai pour remployer : 24 mois
- Conservation des actifs réinvestis : 12 mois minimum (PME directes) ou 5 ans (fonds)
- Activités éligibles : commerciales, industrielles, artisanales, libérales, agricoles, financières (hors gestion patrimoniale)
Régime applicable depuis le 21 février 2026
- Quota de remploi : 70% du produit de cession
- Délai pour remployer : 36 mois
- Conservation des actifs réinvestis : 5 ans pour tous les actifs, sans exception
- Activités éligibles : périmètre resserré, alignement sur la définition de l'article 199 terdecies-0 A du CGI (IR-PME)
Les nouvelles exclusions sectorielles depuis le 21 février 2026
La loi de finances pour 2026 a élargi la liste des activités exclues du périmètre du remploi. Ces exclusions s'ajoutent aux exclusions historiques (gestion patrimoniale immobilière passive, gestion de portefeuille). Source : article 11 LF 2026.
- Immobilier locatif et patrimonial : marchand de biens, promotion immobilière, intermédiation immobilière, gestion immobilière (syndic, agent). Les activités hôtelières restent éligibles.
- Activités financières : banques, assurances, courtage. Ces secteurs sortent du champ des activités éligibles.
- Énergie réglementée : centrales solaires et éoliennes dont les revenus sont garantis par un tarif de rachat.
L'erreur n°1 que voient les CGP indépendants
Le piège classique : un comptable valide un remploi en SCPI ou en immobilier locatif passif en pensant que ça compte dans le quota. Ce n'est pas le cas, et ça ne l'a jamais été. Avec la réforme 2026, le périmètre s'est encore resserré : marchand de biens et promotion immobilière sont désormais explicitement exclus. Conséquence d'un mauvais arbitrage : report tombé, plus-value redevenue imposable immédiatement, intérêts de retard à 0,2% par mois ajoutés. Sur une PV de 1,2 million d'euros, l'addition peut dépasser 400 000 euros. Source : BOFIP-RPPM-PVBMI-30-10-60-20.
Une nuance critique sur la date de référence. Ce n'est pas la date de l'apport à la holding qui détermine le régime applicable, mais la date de cession des titres par la holding. Un dirigeant qui a apporté ses titres en 2024 et qui les cède en 2026 via la holding tombe sous le nouveau régime LF 2026 (70% / 36 mois / 5 ans). Source : article 11 LF 2026.
Les 3 typologies de replacement éligibles pour construire ton revenu post-cession
Une fois le quota de remploi (60% ou 70% selon la date) sécurisé, la part hors remploi (40% ou 30% selon la date) reste disponible pour une architecture patrimoniale libre. C'est sur ces deux pans qu'un CGP indépendant à Lyon construit la stratégie globale du dirigeant cédant.
Tickets d'entrée : à partir de 100 000 euros
Durée de blocage : 8 à 10 ans
Cible : PME en croissance, capital-risque, capital-développement
Avantage : sélection professionnelle, mutualisation du risque, conformité par construction
Vigilance : performance non garantie, illiquidité longue, frais de gestion à comparer
Mécanique : apports en numéraire au capital initial ou en augmentation de capital
Cible : sociétés opérationnelles à l'IS, activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole
Avantage : flexibilité maximale, contrôle de la sélection, lien direct avec une activité réelle
Vigilance : sélection chronophage, due diligence indispensable, risque concentré si peu de lignes
Mécanique : la holding développe directement une activité opérationnelle
Cible : reprise d'une PME, holding animatrice avec services facturés aux filiales, immobilier d'exploitation hôtelier
Avantage : continuité entrepreneuriale, optimisation des flux intra-groupe, visibilité long terme
Vigilance : qualification d'animatrice doit être réelle, conservation 5 ans des actifs
La part hors remploi : architecture libre dans la holding
Sur les 30% non soumis à l'obligation de remploi (régime post-21 février 2026), la holding dispose d'une liberté totale d'allocation. C'est l'espace de la stratégie patrimoniale classique du dirigeant cédant :
- Contrat de capitalisation logé dans la holding pour la trésorerie de moyen terme, avec forfait IS différé et fonds euros + UC
- Architecture de placement de la trésorerie de la holding sur plusieurs horizons (court, moyen, long terme)
- Démembrement temporaire de SCPI pour générer des revenus complémentaires sans fiscalité immédiate
- Diversification financière via compte-titres de la holding
- Préparation de la transmission des titres de la holding aux enfants pour purger le report (sous conditions de conservation 6 ans général ou 11 ans en cas de remploi via fonds depuis LF 2026)
Source : BOFIP-RPPM-PVBMI-30-10-60-20 / article 11 LF 2026. Pour la part PER personnelle du dirigeant post-cession, voir : Plafond PER TNS 2026 : calcul exact, reports N-3 et simulation économie fiscale.
Tu prépares la cession de ton entreprise ?
Avant de signer quoi que ce soit, fais-toi accompagner par un CGP indépendant qui structure la holding ET le replacement post-cession. Une consultation 15 minutes pour cadrer ton calendrier et ton montage.
Réserver ma consultation 15 minSimulateur Apport-cession 150-0 B ter 2026 : économie d'impôt et capitalisation 20 ans
Hyp. : simulation à titre indicatif. Le calcul ne se substitue pas à un audit personnalisé. Le résultat est sensible à la date de cession, à la composition du remploi, à la situation familiale et aux choix d'allocation. Aucun rendement n'est garanti. Source : article 150-0 B ter du CGI / article 200 A CGI / article 223 sexies CGI / LF 2026.
Le calendrier critique : les 3 dates qui font ou défont l'opération
Un apport-cession mal calendaire est un apport-cession qui peut être requalifié en abus de droit fiscal. Le calendrier est aussi déterminant que la mécanique elle-même.
Le piège du timing trop court
Apporter ses titres à la holding moins de 6 mois avant la cession effective expose à un risque de requalification en abus de droit fiscal au sens de l'article L.64 du Livre des procédures fiscales. L'administration vérifie l'intention économique de la holding au-delà du seul intérêt fiscal. La jurisprudence du Conseil d'État (CE, 26 juin 2017, n°389630) a validé le dispositif dans son principe mais a confirmé que le caractère artificiel du montage peut être retenu. La règle de prudence : structurer la holding très en amont, au moins 12 mois avant la cession envisagée, et lui donner un rôle économique réel.
Questions fréquentes sur l'apport-cession 150-0 B ter
Tu veux structurer ton apport-cession en 2026 ?
15 minutes pour cadrer ton calendrier, ton montage et la stratégie de replacement. Sans engagement, sans coût.
Réserver ma consultation offerteArticle publié le 8 mai 2026 à titre informatif et pédagogique. Les informations communiquées ne constituent ni une offre, ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement. Toute opération d'apport-cession nécessite un audit patrimonial complet et l'intervention coordonnée d'un avocat fiscaliste et d'un expert-comptable. Les chiffres mentionnés sont des hypothèses de calcul et ne constituent en aucun cas une promesse de rendement. Le report d'imposition n'est pas une exonération. La fiscalité applicable dépend de la situation individuelle de chaque contribuable et est susceptible d'évoluer. Sources : article 150-0 B ter du CGI, article 200 A CGI, article 223 sexies CGI, article L.64 LPF, BOFIP-RPPM-PVBMI-30-10-60-10 et 30-10-60-20, loi de finances pour 2026 (article 11), Conseil d'État 26 juin 2017 n°389630, Conseil constitutionnel 2017-689 QPC. Thomas Poinsard, CGP indépendant à Lyon, ORIAS #24001667, immatriculé CIF auprès de la CNCEF agréée AMF.
- Flat tax 31,4 pourcent sur la PV de cession en nom propre
- Report d'imposition automatique via apport à holding IS contrôlée
- Régime durci depuis le 21 février 2026 : 70 pourcent en 36 mois
- Conservation 5 ans minimum sur tous les actifs réinvestis
- SCPI et immo locatif passif jamais éligibles au remploi
- Anticiper l'apport au moins 12 mois avant la cession
- CGP indépendant : architecture ouverte sans conflit produit
