Déclaration revenus TNS 2026 :
les cases que votre comptable ne remplit pas pour vous
En France, un TNS qui déclare ses revenus seul — sans accompagnement patrimonial — laisse en moyenne 3 200 euros d'économies fiscales sur la table chaque année. Pas parce que son comptable fait mal son travail. Parce que l'optimisation fiscale réelle d'un indépendant se joue dans des cases que la comptabilité ne couvre pas. Thomas Poinsard accompagne des professions libérales lyonnaises à l'intersection du fiscal, du patrimoine et de la retraite. Ce guide détaille les 4 cases critiques — et ce que ça représente concrètement pour une graphiste à 65k€ de revenus.
Contexte 2026 : la réforme de l'assiette sociale TNS entre en vigueur au printemps 2026 lors de la régularisation des cotisations 2025. L'assiette de calcul devient le revenu brut abattu de 26% — une base unique pour cotisations sociales et CSG-CRDS. Cette modification impacte mécaniquement le bénéfice imposable servant de base au plafond PER article 154 bis. Un point à recalculer cette année, même si vous avez déjà versé sur un PER. (Source : URSSAF, réforme assiette TNS 2026)
Ce que le comptable fait — et ce qu'il ne fait pas
Le comptable gère la conformité : déclaration 2035 ou liasse BIC, calcul des cotisations sociales, imputation des charges déductibles, transmission à l'administration. C'est indispensable. Ce n'est pas suffisant. L'optimisation fiscale d'un TNS se joue à l'intersection du fiscal, du patrimoine et de la retraite — une zone que le comptable ne couvre pas par définition. Il déclare ce que vous lui transmettez. Il n'identifie pas ce que vous n'avez pas fait.
Résultat : des professions libérales qui paient chaque année davantage d'impôts que nécessaire — non par manque de moyens, mais parce que personne n'a fait le calcul des leviers disponibles. Les 4 cases ci-dessous sont celles que 80% des TNS n'activent pas correctement.
Les 4 cases critiques de la déclaration TNS 2026
Le versement sur un PER individuel est déductible directement du bénéfice imposable BNC ou BIC, en application de l'article 154 bis du CGI. Ce n'est pas une déduction du revenu global — c'est une déduction de la base professionnelle, avant le calcul des cotisations sociales. Le plafond 2026 : 10% du bénéfice imposable + 15% de la fraction entre 1 PASS (46 368€) et 8 PASS. (Source : article 154 bis CGI / impots.gouv.fr)
Pour un BNC de 65 000€ : plafond disponible = 10% × 65 000 + 15% × (65 000 - 46 368) = 6 500 + 2 795 = 9 295€ de déduction maximale. À la TMI 41%, c'est 3 811€ d'économie d'impôt sur un seul levier.
Point clé à vérifier : les plafonds non utilisés des 3 années précédentes sont récupérables la même année. Le montant disponible figure sur votre dernier avis d'imposition, rubrique "Plafond épargne retraite". Voir aussi notre guide sur le PER TNS en 2026.
Les cotisations de prévoyance professionnelle (incapacité, invalidité, décès, mutuelle santé loi Madelin) sont déductibles du bénéfice imposable en application de l'article 154 bis du CGI. Concrètement : 2 500€ de cotisations Madelin annuelles à la TMI 41% = 1 025€ d'économie d'impôt. Pour une protection qui aurait de toute façon été souscrite.
Attention : la déductibilité ne s'applique qu'aux contrats souscrits dans un cadre professionnel avec les références contractuelles Madelin. Une mutuelle personnelle souscrite hors cadre pro n'est pas déductible. Beaucoup de TNS ont les deux — seule la Madelin compte ici.
Les cotisations sociales obligatoires d'un TNS (maladie, retraite de base, retraite complémentaire, allocations familiales) sont déductibles du bénéfice professionnel. Mais une fraction des cotisations — notamment la CSG déductible (6,8% sur les revenus d'activité) — est également déductible du revenu global en case 6DE de la déclaration 2042. C'est une déduction souvent oubliée car elle n'apparaît pas spontanément dans la 2035.
Pour un TNS à 65 000€ de BNC, la CSG déductible représente environ 3 500 à 4 500€ de déduction supplémentaire sur le revenu global. Votre comptable la déclare si vous lui transmettez l'attestation URSSAF avec le détail. Sans cette attestation, elle est parfois omise.
En micro-BNC (revenus sous 77 700€ en 2025), l'abattement forfaitaire est de 34%. C'est simple — mais souvent défavorable. Si vos charges réelles (cotisations sociales, frais de formation, loyer professionnel, matériel) dépassent 34% de votre chiffre d'affaires, le régime réel est plus avantageux. Et surtout : le régime réel est le seul qui ouvre droit au plafond spécifique TNS du PER article 154 bis et à la déductibilité Madelin.
Un basculement du micro au réel peut représenter plusieurs milliers d'euros d'économies supplémentaires par an. Il se fait sur option avant le 1er février de l'année suivante. Pour les professions libérales à 55k€ et au-delà, le calcul mérite systématiquement d'être fait. Consultez notre guide sur la stratégie retraite des indépendants pour aller plus loin.
Les 2 erreurs classiques qui coûtent le plus cher
Erreur 1 — Ne pas consulter les plafonds PER non utilisés des 3 années précédentes
Les plafonds non utilisés s'accumulent sur 3 ans puis s'évaporent définitivement. Un TNS qui n'a rien versé depuis 3 ans peut mobiliser 4 années de plafond cumulés en une seule fois — parfois 30 000 à 50 000€ de déduction selon les revenus. Ce montant est indiqué sur votre avis d'imposition rubrique "Plafond épargne retraite". Sans ce calcul, vous versez 5 000€ alors que vous pouviez en verser 35 000 — et vous perdez la fenêtre définitivement.
Erreur 2 — Traiter les leviers séparément au lieu de les combiner
PER + Madelin + déficit foncier ne sont pas des sujets indépendants. Le PER réduit le BNC, ce qui modifie le plafond Madelin. Le déficit foncier réduit le revenu global, ce qui peut faire basculer une tranche d'imposition. Une optimisation isolée peut annuler le bénéfice d'une autre. C'est pourquoi un bilan global précède toujours la recommandation produit dans la méthode de Ma Stratégie Patrimoniale.
Cas pratique — Céline, graphiste, 65k€ de BNC, TMI 41%
Simulation à titre illustratif. Basée sur TMI 41%, BNC 65 000€, régime réel, foyer fiscal standard. Les montants réels dépendent de la situation personnelle complète. Chaque situation nécessite un audit individuel.
Questions fréquentes
Vos cases ne se remplissent pas seules.
En 15 minutes, Thomas Poinsard — CGP indépendant à Lyon — identifie vos plafonds disponibles, vos leviers non activés et ce que ça vous coûte concrètement chaque année. Le diagnostic patrimonial pro est le point de départ.
Faire mon diagnostic pro gratuitou prendre RDV directement — 15 min offertes
Cet article est fourni à titre informatif uniquement. Il ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique personnalisé. Les simulations présentées sont illustratives et ne constituent pas un engagement de résultat. Chaque situation est unique. Un accompagnement personnalisé est indispensable avant toute décision. Thomas Poinsard — Ma Stratégie Patrimoniale — ORIAS #24001667 — CIF n°22/4978 CNCEF agréé AMF.
- PER article 154 bis — plafond TNS + report 3 ans
- Madelin prévoyance — déductible du BNC
- CSG déductible — case 6DE souvent oubliée
- Micro-BNC vs réel — quel régime choisir
- Simulation Céline — 65k€, TMI 41%, ~4 900€ économisés
